Philippe Quevauviller

Production musicale, édition, chanteur 

Biographie

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Crédit photo : ©Alain Dereymaeker

Né en 1959, Philippe Quevauviller est originaire de la région bordelaise où son enfance est bercée par le son du jazz joué par son père au piano, ingénieur aéronautique à la ville et pianiste de jazz à ses heures. Il grandit ainsi avec des standards de jazz principalement de Bud Powell et l’écoute de la discographie paternelle musardant dans le bebop et des chanteurs jazzy des années 50-60 dont Boris Vian, Michel Legrand.... Un peu plus tard vient le choc de la bossa nova par le vinyle de Getz & Gilberto ramené par son père des États-Unis, il a dix ans et il tombe dans la marmite de la musique brésilienne qui l'accompagne depuis lors.

 

Sans vouloir consciemment suivre les traces pianistiques de son père, inaccessibles dans les improvisations dont il se nourrit sans les comprendre, Il prend des cours de piano classique avec des bases de solfège, mais sans entrain, il a envie d'autre chose, et c'est un livret de partitions de Scott Joplin qui le fait entrer dans le monde du piano.... il y a aussi la chanson, Georges Brassens bien sûr, Henri Salvador aussi, mais surtout Georges Moustaki et Maxime Le Forestier, et plus tard Serge Reggiani, Jacques Brel, Michel Fugain, et tous les groupes phares des années 1970-80, des Beatles, Elton John à Carlos Santana en passant par Neil Young et d’autres influences, qui lui font délaisser le piano pour la guitare, apprise en picking avec les tablatures révolutionnaires d'un dénommé Marcel Dadi. A partir de là, son chemin musical se fait par la guitare. Dans ce début de chemin, il y a les textes de Pierre Barouh et la musique de Francis Lai de la bande son du film Un homme et une femme, et un livret de partitions qui lui est offert pour un anniversaire, contenant des standards de Jobim et la chanson Samba Saravah.... déjà une approche de ce pont entre la francophonie et la chanson brésilienne, qui l'a marqué jusqu'à aujourd'hui et qui se traduira par le projet Bossa Flor bien des années plus tard. Et comme la contamination du jazz reste ancrée dans ses fibres, il se met à la basse à la demande de son père, et ils jouent en trio avec son frère cadet, batteur à ses heures.

Il étudie la géologie puis l’océanologie à Bordeaux, puis part à Lisbonne en coopération scientifique à l’âge de 25 ans. Son père, entretemps, a retrouvé le goût de jouer en groupe, et a formé un quintet devenu le Jazza muffins avec lequel il joue de temps en temps à ses retours du Portugal. A Lisbonne, au-delà de ses études doctorales, il tombe dans une autre marmite, celle du fado qu’il découvre dans le Bairro Alto, avec parmi les fadistes, le propre neveu d'Amália Rodrigues. L'apprentissage du portugais l’ouvre à l'univers de Vinicius de Moraes dont il ne chantait jusqu'alors les textes qu’en phonétique. Il se lie d’amitié avec Nelinho, métis originaire du Mozambique, guitariste et chanteur de bossa et samba la nuit dans un petit pub du Bairro Alto, et fonctionnaire le jour.

Il retrouve les bancs de son institut océanographique bordelais, avec la surprise joyeuse d'y découvrir un aréopage d'étudiants brésiliens, enfin libérés de la dictature brésilienne terminée en 1984. Il en bâtit de solides amitiés et y gagne une immersion dans le riche répertoire de la musique brésilienne. Ce n’est pourtant pas la carrière musicale qui lui ouvre ses portes, détenteur de deux doctorats, il est tout d’abord chercheur en océanographie au Portugal, puis en chimie environnementale aux Pays-Bas. Il s'établit à Bruxelles en 1989 où il poursuit une carrière de responsable de programmes de recherche européenne dans le domaine de l'environnement, tout en gardant des activités académiques à l'université libre de Bruxelles (VUB) comme professeur dans un mastère international traitant de la gestion de l'eau. Il participe à de nombreuses conférences / séminaires, et publie de nombreux articles et ouvrages scientifiques. En parallèle de ses activités professionnelles, il est judoka et généalogiste. La musique survit comme loisir en solo au cours d’une parenthèse d’une dizaine d’années durant laquelle il fonde une famille. Au début des années 2000, le petit miracle de Chambre avec vue, avec Henri Salvador revenu sur scène et chantant Jardin d'hiver, lui fait dépoussiérer sa guitare et reprendre le chant au milieu du babillements de ses enfants.

En 2007, un dîner chez des amis donne le ferment de ce qui devient très vite un quintet amateur de jazz et de bossa nova (standards de Jobim et chansons d’Henri Salvador), le BosSalvador, dans lequel il chante et joue de la guitare, accompagné par Anthony More (piano), Dyanne Bennink (saxophone, flûte), Christophe Vaassen (basse) et Jacques Gillet (batterie), bientôt rejoint par Miguel Uribe (percussions). Il se bâtit une expérience musicale et d’organisation de concerts, et à partir de 2011, il tisse un réseau de musiciens de la sphère bruxelloise, dont certains de portée internationale, et organise des événements dans diverses salles bruxelloises. Il forme un nouveau quintet en 2012, une formule très jazzy qu’il ne poursuit pas. Sa rencontre avec les frères Barros (Fernando à la guitare, Welllington au piano) le même jour de la première venue de Pierre Barouh (octobre 2012), lui fait revenir aux sources de la bossa avec un nouveau son, il se consacre alors uniquement au chant, et forme le Sextet Bossa Flor en invitant Berny Hoste (trompette), Marat Araujo (basse) et Jacques Gillet (batterie) à le rejoindre.

Il développe des programmations multiculturelles à caractère caritatif à partir de 2014 en partenariat avec l'association Arte N'Ativa (dont la mission est de promouvoir les échanges culturels avec le Brésil). Il s’associe également avec l’association Afiliatys et BossaMag (Emmanuel de Ryckel) pour la promotion et le soutien aux concerts. C’est grâce à Emmanuel qu’il avait rencontré un héritier de João Gilberto, Paulo Costa, en 2009 et Pierre Barouh en 2011. Le festival Âmes Latines (2014) cherche à rassembler les forces vives de la musique brésilienne à Bruxelles, l’année suivante, le Festival Arts en Scène et en Saisons organise une dizaine de concerts mettant à l'honneur divers pays "latins" autour de contes musicaux, concerts, pièces de théâtre et danse. Le Sextet Bossa Flor se refond avec les frères Barros, Marat Araujo et de nouveaux musiciens avec Jacques Martinez (saxophone, flûte) et Toni Reina (batterie).

2016 est une année charnière durant laquelle il fonde l'Association Sans But Lucratif (ASBL) BOSSA FLOR qui gère désormais la dynamique des événements qu’il organise. Il recentre son activité autours des ponts entre la francophonie et la bossa nova, et un projet d'album voit le jour, comprenant des enregistrements de Pierre Barouh réalisés en mars 2016, les derniers de ce grand artiste, trop tôt disparu en décembre de la même année. L’album « Rencontres en bossa – De Jobim à Barouh » sort en mars 2018. Appelés par d'autres projets, Jacques Martinez et Toni Reina quittent le Bossa Flor qui est rejoint par Claudio Rocha (saxophone, flûte) et Marcos Della Rocha (batterie). La même année, il crée le Label Bossa Flor Music et Bossa Flor Éditions, couverts par les statuts de l’ASBL. Il écrit trois livres publiés par l’association en 2018 et 2019, et un EP 4 titres « Feminino » est produit la même année avec le Sextet Bossa Flor et deux voix féminines, Ana Rocha et Amalia Baraona.

Les rencontres faites via le réseau de contacts ouvert par Pierre Barouh lui permettent de bâtir de nouvelles et splendides complicités, avec Pierre-François Blanchard tout d'abord, puis Didier Sustrac, Eric Guilleton et Emmanuel Donzella. Il développe également des collaborations avec des guitaristes brésiliens comme Vitor Garbelotto, Luiz de Aquino, Mario Bakuna et le cavaquiniste Osman Martins. La programmation Bossa Flor s’aligne aux agendas des saisons culturelles (de septembre à juin) et s’ouvre sur des partages qui représentent sa vision des liens entre la musique brésilienne, le fado, la chanson française et le jazz. Dans cette mouvance, il crée le Pataphysique Café Orchestra, avec Dominique Piérard (guitare), Bruno Desart (guitare), Anthony More (piano), Berny Hoste (trompette) et Christophe Vaassen (basse), qui lui permet de revenir aux sources de ses influences de chansons françaises avec une touche jazzy. Ces liens qui pourraient paraître improbables illustrent de fait son cheminement musical et poétique, celui du jazz, des grands de la chanson française, de la bossa nova, et de celui du fado, lui-même faisant écho aux chants des troubadours et donc à ses racines occitanes.

Bruxelles - Belgique

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